Toilettes dans nos écoles… une situation scandaleuse !

Depuis maintenant deux ans nous demandons des nettoyages plus fréquents par les agents de service, des surveillances supplémentaires !
Mais sans résultat... Ce dossier est important : lisez cette enquête !

Manque d'hygiène, équipements défaillants... pour la première fois, un rapport officiel, rendu public le 29 janvier 2008, montre à quel point les toilettes scolaires sont dans un état lamentable. Enfants et parents s'en inquiètent. Les médecins aussi.

Lunettes crasseuses, verrous démontés, papier aux abonnés absents, manque absolu d'intimité... Si la cantine trouve rarement grâce aux yeux des enfants, que dire des toilettes ! Dans le très officiel rapport que l'Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS) a dévoilé en fin de mois de janvier, la parole est aux enfants. Dans cette enquête sans précédent - menée dans 865 écoles élémentaires françaises (mais les collèges sont logés à la même enseigne) - plus de 800 enseignants ainsi que 25 000 élèves de 8 à 10 ans ont répondu aux questionnaires détaillés de l'ONS.
Leurs mots sont sans détour pour exprimer leur gêne, leur dégoût, voire leur peur.
Ce n'est pas la première fois que les WC scolaires sont pointés du doigt. Plusieurs générations d'élèves pourraient témoigner de leur saleté. En 2003, la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, avait osé, pour la première fois, briser le tabou. Depuis, les langues se sont déliées. Pas seulement celles des enfants ou des parents, mais aussi celles des médecins, qui s'alarment de l'importance des pathologies liées, pour partie au moins, à l'indigence des toilettes scolaires : infections de la vessie (21,6 % d'élèves concernés selon l'enquête), constipation aiguë ou chronique (15,1 %), sans parler des fuites urinaires. Près de 19 % des élèves admettent être allés chez le médecin. Et la moitié avoue avoir eu mal au ventre faute d'être allé aux toilettes. Alors, sujet mineur, les WC ? Aujourd'hui, plus personne n'oserait ricaner. « Le problème ne doit plus perdurer, il est à la source pour certains d'un mal-être scolaire, insiste Marie-Hélène Bourcheix, coordinatrice de l'enquête. J'espère que notre rapport sera le point de départ à une vraie prise de conscience. »